Dans les nuages froids de gaz et de poussière où s'allument de nouvelles étoiles, les astronomes ont aperçu des structures étonnamment fines. Le télescope ALMA, qui observe dans le domaine millimétrique, a permis de voir plus de 323 filaments de poussière ultra-fins à l'intérieur de 121 amas massifs. Ces amas sont dispersés dans toute notre Galaxie, du centre aux confins, à des distances allant de 0,5 à 12,7 kiloparsecs du centre de la Voie lactée.
La largeur typique d'un tel filament n'est que d'environ 0,01 parsec (soit environ 2000 unités astronomiques, une unité astronomique étant la distance de la Terre au Soleil). C'est dix fois plus étroit que les fibres de poussière que le télescope spatial Herschel avait repérées auparavant dans les nuages proches. En revanche, la densité de matière dans ces nouveaux filaments est remarquablement élevée : de $10^{23}$ à $10^{24}$ molécules d'hydrogène par centimètre carré, soit des ordres de grandeur supérieurs à celle des fibres plus larges.
Cette découverte complète le tableau de la formation stellaire : d'abord, on trouve de larges fibres dans les nuages, puis, à l'intérieur, des fibres plus fines dont les mouvements sont cohérents en vitesse, et maintenant des filaments ultra-fins. Il semble que le gaz, en se comprimant, se fragmente en structures de plus en plus fines, et c'est précisément dans ces filaments denses que finissent par s'allumer les étoiles.
La résolution d'ALMA dans ce relevé est d'environ 900 unités astronomiques pour une source située à 3 kiloparsecs. Cela permet de distinguer des détails de la taille de l'orbite de Neptune dans un nuage situé à des milliers d'années-lumière.