Un photon, c'est comme une voiture dans un parking à étages, où chaque étage représente sa fréquence (sa couleur). D'habitude, il reste bloqué à un niveau, mais des scientifiques ont ajouté un ascenseur : un modulateur programmable qui déplace le photon entre les étages sur commande. Cet ascenseur crée des liens entre les fréquences, les transformant en une sorte de réseau artificiel, rappelant la méthode d'étude de la lumière par ses fréquences — la spectroscopie.
En changeant le mode de l'ascenseur, on peut obtenir des déplacements aléatoires du photon entre les étages, son balancement rythmique de haut en bas, ou un mouvement strictement ascendant, sans retour. Dans l'expérience, un photon unique naissait dans un qubit supraconducteur — un atome artificiel développé grâce aux découvertes de John Bardeen — et filait le long d'un câble de 16 mètres à une vitesse proche de celle de la lumière. La statistique de ses sauts obéissait aux lois étudiées par Roy Glauber.
La longueur du câble de 16 mètres n'est pas un hasard : elle a fixé le pas entre les étages de fréquence à environ 10 MHz, afin de pouvoir les distinguer et les contrôler individuellement.