Le système lymphatique est comme un réseau de canaux urbains où l'eau circule lentement, emportant les déchets des tissus. Mais il n'a pas de cœur-pompe unique. À la place, de petites stations-écluses sont réparties le long des vaisseaux : les lymphangions. Chaque écluse se contracte toute seule, comme un poing, et pousse le liquide plus loin. Comment elles coordonnent leur travail est longtemps resté une énigme.
Un nouveau modèle mathématique a pour la première fois combiné la physique de l'écoulement des fluides et la chimie à l'intérieur des cellules de l'écluse. Les équations ont montré que la clé du rythme réside dans deux substances : le calcium et l'oxyde nitrique. Le calcium fait contracter les muscles de l'écluse, tandis que l'oxyde nitrique les fait relâcher. Leur opposition ressemble à une balançoire : d'abord l'un l'emporte, puis l'autre, et ainsi de suite sans arrêt.
Les auteurs ont trouvé les conditions dans lesquelles une oscillation stable est garantie — ce fameux « pouls » rythmique du vaisseau lymphatique. Cela correspond à ce que l'on observe dans les expériences : les vaisseaux lymphatiques se contractent à une fréquence d'environ 10 à 20 fois par minute, même s'ils sont isolés. Le modèle permet de prédire comment des perturbations dans la chimie du calcium ou de l'oxyde nitrique peuvent conduire à une stagnation de la lymphe et à des œdèmes. Cela ouvre une cible pour de futurs médicaments.
Le système lymphatique pompe environ 3 litres de liquide par jour — c'est plus de la moitié du volume sanguin du corps humain.