Deux trous noirs non rotatifs, au moment de leur fusion, produisent des ondes gravitationnelles — des ondulations dans la trame de l'espace-temps — que captent des instruments développés avec la participation de Kip Thorne. Quelle que soit la paire, leur descendance commune est toujours la même : un trou noir qui transforme sa frontière en un tourbillon impitoyable pour les rayons lumineux.
Les idées de John Archibald Wheeler (qui a donné leur nom à ces objets) ont permis de calculer que, à l'horizon, le chaos lumineux atteint son paroxysme. Imaginez deux étangs paisibles qui se rejoignent en un seul : au point de rencontre, un entonnoir se forme, entraînant les feuilles mortes dans une danse effrénée et imprévisible. Ici, c'est pareil — la nature, telle une fataliste, choisit toujours le désordre maximal.
Cette signature universelle du chaos devrait laisser une empreinte caractéristique dans les ondes gravitationnelles, ouvrant la voie à de nouveaux tests de la théorie de la relativité et permettant d'entendre la respiration même du trou noir.
Autour d'un tel trou noir existe une sphère de photons — une surface invisible où un rayon de lumière peut tourner indéfiniment. Mais la moindre perturbation, et il tombe dans l'abîme ou s'échappe. C'est cette limite que les scientifiques explorent.
Les images d'« Interstellar », où la lumière se tord autour du trou noir, gagnent en profondeur : nous savons désormais que, pour un trou noir nouveau-né, c'est le spectacle le plus naturel qui soit.