Un cristal d'uranium de la taille d'un grain de riz a été refroidi à un cinquantième de degré au-dessus du zéro absolu. À cette température, la chaleur n'est pas transportée de manière chaotique, mais strictement selon les règles du monde quantique. Les scientifiques ont dirigé la chaleur à travers l'échantillon et observé comment elle se propage selon les différents axes du cristal — c'est comme vérifier où l'eau s'écoule plus rapidement le long des plis d'une feuille de papier.
Dans un supraconducteur ordinaire, les électrons s'apparient et se déplacent sans frottement, mais dans UTe₂, les paires sont organisées différemment : leur spin pointe dans la même direction, comme des aiguilles de boussole alignées par un champ. Les mesures ont montré que le long de l'un des axes du cristal, le gap d'énergie — le seuil à franchir pour briser une paire — ne disparaît pas complètement, mais devient simplement très petit. Cela rappelle une porte entrouverte d'un doigt : on ne peut pas passer, mais on sent le courant d'air.
Ces données indiquent que l'état supraconducteur de UTe₂ est entièrement fermé par un gap d'énergie, mais avec des points où le gap disparaît presque. Le gap minimal ne représente qu'un dixième de la valeur caractéristique. Cette structure exclut le mélange de différents types d'appariement et donne une clé pour comprendre la topologie de ce matériau — comment les états quantiques sont protégés des perturbations.
UTe₂ est l'un des rares supraconducteurs connus où les paires d'électrons ont la même direction de spin, comme si toutes les paires dansaient au même rythme, plutôt qu'en désordre.