L'eau d'un ruisseau ne s'écoule pas en une couche uniforme : elle creuse des rigoles sinueuses où le courant est plus rapide. Les électrons dans un moteur de Hall se comportent à peu près de la même manière — ce dispositif propulse un vaisseau spatial avec un jet de plasma.
À l'intérieur du moteur, un champ magnétique confine les électrons, qui ionisent le gaz et créent la poussée. Mais une partie des électrons s'échappe à travers le champ, réduisant l'efficacité. On a longtemps pensé que cette fuite était répartie sur tout le canal. Une nouvelle simulation sur supercalculateur a montré qu'en réalité, les électrons se rassemblent en d'étroits courants le long des parois, qui s'étirent vers la sortie du moteur.
Les scientifiques ont comparé trois configurations : des parois conductrices, des parois en céramique avec émission secondaire, et une sortie de plasma ouverte. Il s'est avéré que le schéma général des canaux pariétaux reste inchangé ; seules leur intensité et leur connexion avec la zone d'échappement varient. Cela signifie que ces « sentiers » ne sont pas un artefact de calcul, mais une propriété fondamentale du plasma.
Cette organisation de l'écoulement rappelle la façon dont l'eau dans un ruisseau choisit son chemin. Pour améliorer le moteur, il ne faut pas « lisser » le flux, mais tenir compte de ces canaux naturels — par exemple en adaptant la forme des parois ou du champ magnétique.
Les moteurs de Hall équipent déjà des centaines de satellites, propulsant des ions à 20 km/s — soit 60 fois la vitesse du son dans l'air.
Dans la série « The Expanse », les vaisseaux utilisent des moteurs à plasma similaires, et leur efficacité dépend directement de la gestion de ces courants pariétaux.