
Interactions entre électrons qui affectent leur comportement collectif dans un matériau.Les corrélations électroniques désignent l'influence mutuelle que les électrons exercent les uns sur les autres au-delà du champ moyen. Dans les métaux simples, les électrons se déplacent presque indépendamment, mais dans de nombreux matériaux — oxydes de métaux de transition, conducteurs organiques, supraconducteurs à haute température — leurs mouvements deviennent intriqués : la position et le spin d'un électron affectent fortement ses voisins. Cette danse collective donne naissance à des phénomènes émergents comme le magnétisme, la supraconductivité et les transitions métal-isolant qui ne peuvent être expliqués par la physique à une particule.
Le concept est apparu dans les années 1930 avec les travaux de Bloch et Wigner sur les interactions électroniques, mais le cadre moderne a été établi par Mott en 1949 (isolant de Mott) et Hubbard en 1963 avec son modèle. La découverte des supraconducteurs à haute température en 1986 a propulsé les corrélations au premier plan de la physique de la matière condensée.
Lorsque les électrons sont densément tassés et que leur énergie cinétique est faible, la répulsion de Coulomb domine. Cela pousse les électrons à s'éviter, créant des motifs spatiaux et de spin. L'outil théorique est le modèle de Hubbard, qui capture la compétition entre le saut (énergie cinétique) et la répulsion sur site. De fortes corrélations peuvent conduire à la localisation (isolant de Mott), à un ordre magnétique ou à l'appariement des électrons en paires de Cooper. Des techniques spectroscopiques comme la photoémission et la conductivité optique révèlent les empreintes de ces corrélations dans le spectre d'excitation du matériau.
Comprendre les corrélations est essentiel pour concevoir des supraconducteurs à haute température, des dispositifs spintroniques et des matériaux quantiques pour l'électronique du futur.
Dans les systèmes fortement corrélés, les électrons peuvent effectivement se « scinder » en quasiparticules distinctes — un spinon portant le spin et un holon portant la charge — qui se déplacent indépendamment à travers le cristal.












