Une goutte de métal liquide glisse dans un canal étroit, comme le mercure d'un thermomètre cassé. Pas besoin de moteur : le carburant, c'est une réaction chimique avec le liquide environnant. Mais que se passe-t-il quand la goutte bute contre une paroi ? Jusqu'ici, ces machines étaient étudiées en espace ouvert, mais dans des canaux exigus, elles se comportent autrement.
Les chercheurs ont placé des machines en métal liquide dans des canaux de la largeur d'un cheveu humain et les ont filmées avec une caméra ultra-rapide. Au bout du canal fermé, la goutte ne s'arrête pas : elle fait demi-tour et rampe en sens inverse. Le secret ? Une consommation inégale de carburant : d'un côté de la goutte, la réaction est plus rapide, et elle se courbe comme une chenille qui change de direction.
Ces gouttes pourraient devenir des coursiers du micromonde – transporter chaleur, médicaments ou charges dans de fins tubes, sans fils ni piles. En jouant sur la forme du canal et les obstacles, on peut tracer un itinéraire. C'est un pas vers des robots autonomes qui travaillent dans des espaces restreints – des vaisseaux sanguins aux puces électroniques.
Le gallium, métal liquide, fond déjà à 29,8°C – on peut le faire fondre simplement en le serrant dans la paume de la main.