Si l'on regarde une carte des galaxies lointaines, elle n'est pas parfaitement uniforme : d'un côté du ciel, il y en a un peu plus, de l'autre, un peu moins. Ce déséquilibre a été remarqué dans plusieurs relevés du ciel, et il ne ressemble pas à un hasard. On l'explique généralement par le fait que notre Galaxie se déplace elle-même quelque part, ce qui donne l'impression que les objets lointains sont décalés. Mais les mesures ne correspondent pas toujours à cette explication simple.
Les auteurs de l'article proposent un autre point de vue. Ils considèrent non seulement le mouvement de l'observateur, mais aussi son accélération, comme si nous ne nous contentions pas de dériver avec le courant, mais que nous ramions parfois de côté. En relativité générale, une telle accélération laisse une trace supplémentaire dans la lumière des galaxies lointaines : leur décalage vers le rouge (l'étirement de la lumière dû à l'expansion de l'Univers) acquiert une « tacheture » particulière — dans une direction, il est légèrement plus grand, dans l'autre, légèrement plus petit. Et cette tacheture n'est pas la même pour toutes les distances, elle varie avec la profondeur.
Cela ouvre une voie de vérification : si l'asymétrie dans la distribution des galaxies est causée uniquement par un mouvement ordinaire, sa dépendance à la distance sera d'une certaine forme. Si, en revanche, il y a une accélération supplémentaire de l'observateur, le tableau sera différent. On peut ainsi distinguer l'asymétrie « ordinaire » de celle qui exigerait une nouvelle physique.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.20963
Recent analyses of large-scale structure and redshift surveys have reported significant dipolar anisotropies in the local Universe that are not straightforwardly attributable to a global kinematic boost. When interpreted within standard frameworks, these signals may correspond to coherent bulk flows that have been reported to exhibit tension with $$\Lambda$$CDM expectations. On the other hand, signals inferred from different astrophysical probes are not always consistent with the Cosmic Microwave Background (CMB) dipole, challenging the assumption of dipoles that are pure kinematical in origin. In an inhomogeneous universe, the identification of the Hubble frame with a geodesic matter flow is not guaranteed beyond the idealized FLRW limit, particularly once structure formation leads to a non-trivial distribution of velocities and gravitational fields. Within a fully covariant framework, we show that a non-geodesic observer congruence introduces an additional contribution to the propagation of redshift along the past light cone, proportional to the line-of-sight projection of the observer four-acceleration. This generates a dipolar modulation in the redshift itself, which propagates to any observable defined in redshift space. Unlike the standard kinematic dipole associated with a global Lorentz boost, this contribution arises from the kinematics of the observer congruence and depends on its evolution along the past light cone. As a result, it induces a dipolar modulation with a non-trivial redshift dependence. This behaviour provides a concrete observational test of whether the observed dipole is fully accounted for by large-scale structure kinematics or requires additional non-geodesic contributions.
Le décalage vers le rouge a été remarqué pour la première fois en 1912 par Vesto Slipher, mais ce n'est qu'en 1929 qu'Edwin Hubble l'a expliqué par l'expansion de l'Univers.