Les photons intriqués sont deux messagers qui marchent au pas. Dans un matériau, leur synchronisation est perturbée. La nature de la perturbation révèle ce qu'ils ont rencontré : un embranchement qui a séparé leurs routes, ou un manège magnétique qui a tordu leur foulée. C'est ainsi que fonctionne la méthode BELS. Elle fait passer des paires de photons à travers l'échantillon et détecte les coïncidences des signaux. Un effet (la biréfringence) divise le faisceau comme un embranchement ; l'autre (la rotation de Faraday) fait tourner la polarisation, tel un manège magnétique. La lumière ordinaire ne les distingue pas, mais la lumière intriquée laisse une empreinte entropique — un motif unique de corrélations.
La méthode repose sur la mécanique quantique de l'intrication, pour laquelle Alain Aspect, John Clauser et Anton Zeilinger ont reçu le prix Nobel. BELS promet un diagnostic ultra-précis des dispositifs quantiques : même un défaut isolé dans une puce nanométrique deviendrait visible. À l'avenir, cela permettra de détecter des dysfonctionnements dans les ordinateurs quantiques sans intervention directe.
Les photons intriqués conservent leur lien pendant un temps record : leur corrélation a été confirmée via satellite sur une distance de plus de 1200 km.