Une réaction chimique ressemble au passage d'un tourniquet : la foule crée du chaos et se coince, tandis qu'une file ordonnée avance. Dans le monde quantique, pourtant, quand la bousculade s'apaise, la barrière peut devenir fantomatique — la particule la traverse comme si le tourniquet avait disparu. Cet effet tunnel gouverne la chimie des planètes géantes.
L'étude a montré que dans l'état de transition, lorsque les molécules sont prêtes à se transformer, le chaos s'apaise. C'est alors que les ions d'hydrogène s'infiltrent à travers les barrières, formant des molécules cruciales pour l'atmosphère de Jupiter.
Les scientifiques ont introduit un « indice de fragilité » : il prédit quelles vibrations moléculaires ramènent le chaos et brisent le tunnel. Le plus surprenant : sans cette brève accalmie, même les collisions les plus violentes ne déclencheraient pas la réaction. Ainsi, dans les entrailles froides de Jupiter, c'est la suppression du chaos, et non la chaleur, qui allume les aurores polaires.
L'ion H3+ n'est pas seulement abondant dans l'atmosphère de Jupiter — il allume ses aurores polaires.