L'univers est organisé comme une éponge : il contient des régions denses, remplies de galaxies et de gaz, et d'immenses pores — les vides cosmiques. Ces vides occupent la majeure partie de l'espace, mais leur contenu est resté une énigme — la matière y se manifeste à peine.
Désormais, les astronomes ont « sondé » les vides à l'aide de sursauts radio rapides — des impulsions ultra-puissantes provenant de galaxies lointaines. En traversant les pores, l'impulsion est légèrement retardée en rencontrant des électrons — de minuscules particules chargées laissées dans le gaz. Comme l'eau qui contourne les fibres d'une éponge perd de la vitesse. En mesurant le délai de milliers de ces sursauts, les scientifiques ont pour la première fois pesé le gaz invisible, principalement de l'hydrogène.
Paradoxe : ce gaz est chauffé à un million de degrés, mais en raison de sa densité infime, il ne transmet presque pas de chaleur. Si vous vous retrouviez dans un vide, vous gèleriez plutôt que de brûler. Ces études des vides sont cruciales : elles permettent d'étudier l'énergie noire et les propriétés des neutrinos presque insaisissables, en affinant les modèles de l'expansion de l'univers.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.01994
The pristine underdense patches of the Universe, cosmic voids, are powerful cosmological laboratories, uniquely sensitive to dark energy, modified gravity, and neutrino masses, yet their baryonic content remains uncharacterized. We present the first observational constraint on baryon underdensity in void interiors, exploiting the dispersion measures (DMs) of Fast Radio Bursts (FRBs) as tracers of the free electron column, independent of gas phase, temperature, and metallicity. By stacking 3,455 sightlines from CHIME/FRB on 1,288 SDSS BOSS voids over redshifts $$0.2 < z < 0.7$$, we measure a DM deficit toward void centers at $$3.2\sigma$$ significance, establishing that diffuse baryons inhabit the emptiest corners of the cosmic web at a suppressed level. The measured signal amplitude is consistent with an effective Universe model built directly from the observed galaxy underdensity in these voids, and a baryonic model calibrated to the FRB DM-redshift relation ($$\alpha_v = 1.80 \pm 0.87$$). A uniform-density void model yields an electron density contrast of $$\delta_\mathrm{e,v} = -0.58 \pm 0.30$$, implying a $$\sim 60$$% underdensity of baryons in void interiors relative to the cosmic mean. Jointly interpreting our FRB measurement with existing stacks of the thermal Sunyaev-Zel'dovich effect on voids further constrains the mean void gas temperature to $$T_\mathrm{e} \lesssim (1.1 \pm 0.7) \times 10^6$$ K, pointing to a warm-hot diffuse phase, consistent with hydrodynamical simulation predictions. With forthcoming FRB (CHORD, DSA, SKA) and galaxy (DESI, LSST, Euclid, PFS-Subaru, SPHEREx, Roman) surveys, set to expand both samples by orders of magnitude, this approach opens a new window onto tomographic baryon mapping, with direct implications for feedback models governing gas expulsion into low-density environments, and for the use of cosmic voids to extract cosmological constraints.
Si la Voie lactée se trouvait au centre d'un tel vide, le ciel nocturne serait absolument noir — pas une seule galaxie, seulement quelques étoiles faibles.