Un trou noir fonctionne comme un entonnoir dans un étang : tout y tombe et se comprime en un point où la courbure de l'espace-temps se rompt. C'est la singularité. L'eau de l'étang s'évapore et l'entonnoir s'assèche, mais le trou au fond reste jusqu'à la dernière goutte. Il en va de même pour un trou noir : les champs quantiques le font fondre (c'est ce qu'a découvert Stephen Hawking en 1974), mais la singularité ne disparaît pas.
Paradoxe : les mêmes champs qui volent de l'énergie au trou engendrent inévitablement la déchirure. Sans eux, la singularité ne serait tout simplement pas apparue. Cette découverte est cruciale pour le mystère de l'information quantique : si la déchirure ne se referme pas, les données absorbées ne sont probablement pas effacées, mais restent coincées dedans. Certains théoriciens relient cela aux trous de ver — des ponts vers d'autres mondes, et la théorie des cordes cherche une réponse globale.
Le physicien Jacob Bekenstein a introduit le concept d'entropie (mesure du désordre) des trous noirs, en le reliant à la surface de l'horizon. C'était une idée révolutionnaire qui continue d'intriguer les théoriciens.
Dans le film « Interstellar », la singularité du trou noir sert de canal pour transmettre des données — une fantaisie sur la façon dont l'intrication quantique pourrait relier les univers.