Lorsque la comète interstellaire 3I/ATLAS s'est approchée du Soleil, sa queue a brillé d'un éclat métallique — comme si une boîte de conserve remplie de nickel et de fer s'était ouverte. En décomposant la lumière en couleurs, les astronomes ont détecté les raies de ces métaux grâce à la spectroscopie.
Les métaux étaient enfermés dans des molécules volatiles — les carbonyles, des composés avec du monoxyde de carbone. Sur Terre, ces liquides sont toxiques et explosifs, mais dans la comète, ils dormaient dans l'épaisseur de la glace à quelques centimètres de profondeur. La chaleur solaire a fait fondre cette « conserve » : les molécules carbonées se sont décomposées, et les atomes se sont échappés. Le nickel s'évapore plus vite que le fer — comme l'alcool s'évapore plus vite que l'eau — parce que sa molécule passe à l'état gazeux à une température plus basse. Un chauffage supplémentaire provenait de la restructuration de la glace elle-même, d'une forme à une autre.
Fred Lawrence Whipple appelait les comètes des « boules de neige sales ». Cette visiteuse d'un autre système stellaire a montré que, sous la neige, peut se cacher une garniture métallique qui n'attend que son heure près du Soleil.
Les carbonyles de nickel et de fer sont des liquides toxiques et explosifs, utilisés sur Terre pour produire des métaux ultra-purs. Dans l'espace, ils ont aidé à résoudre l'énigme de la comète interstellaire.
Chez Bradbury, les héros volent vers le Soleil pour y chercher du plasma ; ici, la comète est devenue elle-même une usine, transformant la lumière solaire en éclat de nickel.