Lorsqu'une planète passe derrière le bord de son étoile, celle-ci éclaire son atmosphère — tout comme le soleil couchant illumine les nuages à l'horizon. Cet instant fugace, qui ne dure que quelques minutes, porte l'empreinte des gaz traversés par la lumière stellaire. Les astronomes ont pointé le télescope SPIRou vers le système WASP-33 : là, un Jupiter brûlant fait le tour complet de son étoile en seulement 1,2 jour terrestre. Pour attraper la subtile signature du monoxyde de carbone (CO) dans le spectre — la lumière de l'étoile décomposée en couleurs —, ils ont patiemment attendu huit couchers et levers de soleil.
Auparavant, de tels exploits n'étaient possibles que pour les observatoires spatiaux, qui scrutent à travers de larges fenêtres colorées. Ici, c'est un instrument au sol à haute résolution qui a travaillé : il distingue les nuances aussi nettement qu'un peintre distingue les coups de pinceau sur une toile. Le prix à payer pour ces détails, c'est un signal faible. Pour l'amplifier, huit brefs instants d'entrée et de sortie de l'ombre ont été additionnés — comme si l'on superposait des clichés translucides. Et le CO est apparu. Pour la première fois, à partir des seules données d'une éclipse, sans de longues heures d'observation du plein jour.
Ce succès est comme un premier pas hésitant vers des cartes tridimensionnelles des atmosphères. Pour l'instant, on n'a pu qu'estimer un peu mieux la vitesse de rotation de la planète, mais les tests montrent qu'une quinzaine de ces couchers de soleil supplémentaires suffirait pour obtenir un chiffre fiable. Et lorsque les télescopes de nouvelle génération entreront en service, la méthode permettra de sonder les profondeurs des couches nuageuses de dizaines de Jupiters chauds. Les vents et la composition chimique de ces mondes pourront être lus sur le bord de la lumière d'une étoile mourante.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.22931
In the last decade, ground-based high-resolution spectroscopy (HRS) has emerged as a powerful method to probe exoplanet atmospheres both in transit and thermal emission. With HRS science now maturing to reveal these planet's thermal, compositional, and dynamical structure in three dimensions, novel strategies will be key to extracting the maximal scientific output from these rich datasets. In this article, we investigate the potential of exploiting eclipses in order to retrieve spatial constraints on exoplanet dayside atmospheres with HRS, as has been successfully applied at lower spectral resolutions with space-based facilities. To attempt this, we obtained an observations of 8 eclipses (ingress and egress) of the ultra-hot Jupiter WASP-33b with SPIRou. We analysed these data with the publicly available ATMOSPHERIX pipeline, which we combined with the starry Python package to fit the eclipse mapping signal. Additionally, we performed injection-recovery tests on archival data to evaluate the detection limits that could be reached with further observations. From our data, we obtain the first tentative detection of CO from in-eclipse data alone, validating that ingresses and egresses may be stacked coherently to boost detection limits. In combination with longer phase-coverage dayside data, our eclipses marginally improve constraints on the planetary rotation velocity. Through injection recovery tests, we show that our results are scaling according to expectations for a synchronously rotating WASP-33b, implying that a further 15 eclipses with SPIRou would be required to measure the planet's rotation using this method. Finally, we present promising detection limits for this method on the population of hot-Jupiters with next generation telescopes, and highlight remaining challenges in data processing for short time series and/or slowly accelerating planets.
Le monoxyde de carbone (CO) est, sur Terre, un poison dangereux, incolore et inodore ; mais sur des planètes brûlantes comme WASP-33b, il devient un marqueur pratique : son signal dans le spectre de l'étoile est facile à distinguer et sert à mesurer la température et les mouvements de l'atmosphère.