Quelques instants avant une éclipse totale, de rapides bandes d'ombre glissent sur le sol, comme des rides à la surface de l'eau. Ce phénomène a défié les scientifiques pendant des siècles. Il s'avère que tout est une question de nature ondulatoire de la lumière.
Le Soleil n'est pas une lampe ponctuelle, mais un disque immense. Lorsque la Lune le recouvre presque entièrement, il ne subsiste qu'un mince croissant lumineux. Ses deux bords opposés agissent comme des sources indépendantes : les ondes qu'ils émettent se superposent, à la manière des cercles à la surface de l'eau. Là où les crêtes coïncident, la luminosité double ; là où une crête rencontre un creux, une ombre apparaît. C'est ainsi que naît un motif strié. Cette même idée a jadis prouvé la nature ondulatoire de la lumière en laboratoire ; désormais, la mécanique céleste a répété l'expérience à l'échelle cosmique.
Les premières descriptions d'ombres dansantes figurent dans des chroniques chinoises datant de 2000 ans avant notre ère, mais ce n'est qu'au XXIe siècle que le mystère a été résolu.