Un bâtisseur vérifie la solidité d'une arche non pas en passant en revue toutes ses formes possibles, mais en la déplaçant mentalement un peu et en observant combien de forces sont dépensées. C'est à peu près ainsi que fonctionne le principe du travail virtuel en mécanique. Les auteurs de ce nouveau travail ont transposé cette approche à la géométrie même de l'espace-temps.
Ils ont construit une structure covariante de travail virtuel pour la métrique. Dans celle-ci, les équations d'Einstein ne découlent pas de l'extremum d'une action, mais de l'exigence que le travail virtuel total sur les variations admissibles de la métrique soit nul. L'espace-temps semble « tâter » les configurations voisines et s'arrête là où toutes les contributions sont équilibrées.
Dans cette optique, la constante cosmologique cesse d'être un ajout mystérieux. Elle apparaît comme une réaction idéale à une condition isopérimétrique — une contrainte globale sur les moyennes spatio-temporelles. La valeur de la constante n'est pas fixée localement, mais par toute l'histoire de l'univers, reflétant sa nature géométrique non locale.
Le principe du travail virtuel, issu de la statique des constructions, a été formulé pour la première fois par Jean Bernoulli en 1717 — bien avant l'avènement de la relativité générale.