Les données sur Internet voyagent à la vitesse de la lumière dans la fibre optique. Dans les réseaux classiques, les retards ne sont pas critiques, mais pour la communication quantique, une synchronisation parfaite est nécessaire : les particules de lumière avec l'information codée doivent arriver au détecteur au même instant. Le problème est qu'après avoir suivi des chemins différents, elles se désynchronisent — comme les ingrédients d'un plat qui sont prêts à des moments différents et s'attendent mutuellement.
Le nouveau tampon optique résout ce problème à la manière d'un chauffe-plat : il retient les impulsions lumineuses jusqu'à ce qu'elles soient toutes prêtes à être « servies ». Le dispositif fait circuler la lumière dans une boucle de fibre optique, où elle parcourt près de 4 kilomètres en 18 microsecondes — le tout à température ambiante, avec des pertes inférieures à 0,5 décibel (pratiquement imperceptibles). Ce tampon peut contenir plus de 200 impulsions simultanément et fonctionne sur toute la spectroscopie de télécommunication.
De plus, le tampon préserve même l'intrication quantique — cette connexion fantomatique entre particules, confirmée expérimentalement par Alain Aspect. Et sans les lasers, dont les fondations ont été posées par Charles Townes, une telle photonique serait impossible. Ainsi, une simple boucle de fibre optique, semblable à un gadget de cuisine, nous rapproche de l'internet quantique mondial.
Presque toutes les communications intercontinentales fonctionnent dans la plage de 1530 à 1565 nm — la seule où le verre de la fibre optique est si transparent que le signal peut parcourir des centaines de kilomètres sans amplification.
Le rêve d'un internet quantique évoque parfois l'« ansible » de la science-fiction — un dispositif de communication instantanée à travers les galaxies, bien qu'en réalité même lui ne viole pas la limite de la vitesse de la lumière.