Les atomes lourds nés de la collision d'étoiles à neutrons se comportent comme le sucre dans un sirop qui refroidit : ils s'agrègent en minuscules cristaux de poussière. Cette découverte, qui remonte aux travaux de Margaret Burbidge, a expliqué l'énigmatique lueur infrarouge captée par le télescope James Webb.
Auparavant, on attribuait cette lueur à de la poussière de carbone, mais la spectroscopie (l'analyse de la lumière) a révélé un manque d'éléments légers. Il s'avère que ce sont des « cristaux » d'or, de platine et de tungstène qui brillent — à condition que le nuage s'étende à moins d'un dixième de la vitesse de la lumière, sinon les atomes ne se rencontrent pas. Un processus similaire se produit aussi dans les supernovas, mais la principale source d'éléments lourds reste les fusions.
Étonnamment, une telle poussière est un million de fois plus petite qu'un grain de sable, chauffée à seulement 400°C (comme un four), mais elle est visible à des milliards d'années-lumière. En mesurant la luminosité de cette lueur, les scientifiques calculent la quantité d'éléments nouvellement formés. Les étoiles à neutrons elles-mêmes ont été découvertes par Jocelyn Bell Burnell, et leurs fusions sont détectées par les ondes gravitationnelles, dont les détecteurs ont été créés avec la participation de Rainer Weiss.
La température de la lueur de cette poussière est d'environ 400°C, à peu près celle d'un four chaud. Une chaleur minuscule, pourrait-on penser, mais pour un télescope sensible, elle est perceptible à des distances cosmiques.