Imaginez que vous tentiez d'entendre le faible signal d'un réveil dans une pièce voisine pendant qu'un orchestre joue autour de vous. En disposant plusieurs microphones, vous pourriez capter une différence : le son du réveil arriverait plus fort dans le microphone le plus proche. C'est à peu près ainsi que fonctionne la méthode appliquée aux observations de l'objet interstellaire 3I/ATLAS, une comète inhabituelle venue d'un autre système stellaire. Le géant radiotélescope FAST, muni de plusieurs faisceaux en guise d'« oreilles », a longtemps écouté les ondes, tandis qu'un traitement mathématique, semblable à la séparation de voix mélangées dans un enregistrement, cherchait des notes rythmées.
Hélas, aucun signal artificiel n'a été trouvé. L'analyse, fondée sur l'entropie — une mesure de la concentration de l'énergie dans le faisceau visé plutôt que de sa dispersion — a montré que tous les sursauts suspects n'étaient que des interférences terrestres ou des bruits aléatoires. Si un radiophare équipe 3I/ATLAS, sa puissance ne dépasse pas 0,146 watt, soit moins qu'une ampoule de lampe de poche. La recherche s'est concentrée sur les fréquences où émet l'hydrogène (21 centimètres), une empreinte spectrale considérée comme un langage universel pour les communications interstellaires.
La méthode de séparation des signaux, comparable à la décomposition d'un cocktail en ses ingrédients, a été inventée en 1927, mais les astronomes n'ont pu l'appliquer qu'avec l'avènement d'ordinateurs puissants.
Le roman d'Arthur C. Clarke, « Rendez-vous avec Rama », décrit une rencontre avec un objet interstellaire qui se révèle être un vaisseau extraterrestre. Le vrai 3I/ATLAS, hélas, reste muet pour l'instant.