La vitesse d'expansion de l'Univers se mesure de deux manières : par la lumière ancienne — le Fond diffus cosmologique — et par les supernovae proches. Les résultats divergent : 67 contre 73 km/s pour 3 millions d'années-lumière. Cette tension de Hubble, du nom d'Edwin Hubble, a longtemps laissé les cosmologistes perplexes. Le modèle standard suppose que l'énergie noire est une constante cosmologique, comme un moteur à poussée fixe. Mais alors, l'écart est inexplicable. La nouvelle étude considère l'énergie noire comme un champ variable (la k-essence) : elle augmente puis diminue l'accélération, tel un conducteur qui joue avec le levier. Les calculs pour une version tachyonique de ce champ réduisent presque à néant la tension.
Si le modèle est correct, l'Univers accélère par à-coups, et la gravité à l'échelle cosmique ne se comporte pas selon Newton. Comme le soupçonnait Georges Lemaître, la constante cosmologique pourrait être variable.
Le nom « k-essence » vient de « quintessence cinétique » (l'essence du mouvement). Elle a été conçue pour l'inflation, puis s'est révélée utile pour l'énergie noire.
Le champ tachyonique évoque un extraterrestre de Star Trek : là-bas, les tachyons sont des particules plus rapides que la lumière. Mais en cosmologie, c'est simplement un modèle mathématique qui ne viole pas la relativité.