Lorsque deux trous noirs fusionnent, ce cataclysme engendre des ondes gravitationnelles — des ondulations de la courbure de l'espace-temps comparables au bourdonnement d'une cloche. L'observatoire LIGO écoute ce carillon depuis des décennies. C'est précisément ce phénomène que Kip Thorne avait prédit. Le terme « trou noir » a été introduit par John Archibald Wheeler, et Karl Schwarzschild a le premier décrit son horizon.
Mais les astrophysiciens sont allés plus loin. Tels des détectives chevronnés, ils ont mathématiquement « soustrait » l'écho sonore pour capter le murmure subtil — les ondes directes provenant de l'horizon.
Les simulations numériques confirment que ces ondes directes s'accumulent au bord de l'abîme, là où le décalage vers le rouge fait perdre de l'énergie à la lumière dans une gravité monstrueuse. Désormais, les physiciens disposent d'un moyen de tester la théorie d'Einstein dans les conditions les plus extrêmes, sans recourir à des hypothèses quantiques. À l'avenir, la méthode sera appliquée aux trous noirs en rotation, qui constituent la majorité des trous noirs dans l'espace.
Pour entendre le murmure de l'horizon, les scientifiques ont dû mathématiquement étouffer le carillon retentissant, un peu comme on isole une partie discrète dans un chœur polyphonique.