En 1960, le radiotélescope « Tatel » a écouté pendant des semaines deux étoiles : Tau Ceti et Epsilon Eridani. C’est ainsi qu’a commencé la recherche de technosignatures. Des décennies plus tard, après la découverte de milliers d’exoplanètes par la mission Kepler menée par William Borucki, nous n’entendons toujours pas de voix étrangères. Un arsenal de signatures potentielles s’est constitué : de la radioastronomie aux mégastructures bloquant la lumière de leur étoile. Toutes ont un point commun : ce sont des écarts par rapport au fond naturel. Un détecteur de fumée repérera un incendie, mais pas un foyer qui réchauffe une maison. Notre outillage n’est-il pas trop orienté vers les catastrophes ?
L’auteur s’appuie sur les travaux de chercheurs autochtones et compare deux épistémologies. La science occidentale cherche une vérité objective, divise le savoir en disciplines et place l’humain au-dessus de la nature. Les méthodes autochtones (en particulier celles des Mi’kmaw), elles, voient la nature comme une parenté, le savoir comme une responsabilité, et relient le céleste et le terrestre par le principe « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». De ce point de vue, une technologie égale parmi ses égales ne déformera pas sensiblement son environnement. En appliquant cette optique aux technosignatures, on voit aisément : nous ne cherchons pas simplement un signal, mais une cicatrice coloniale.
Il s’avère que presque toutes les technosignatures connues — de l’atmosphère exoplanétaire au Milieu interstellaire — sont des formes de pollution. Et la pollution, comme le souligne la pensée autochtone, est une colonisation. Par conséquent, SETI sélectionne involontairement uniquement les civilisations qui reproduisent la voie occidentale de développement. L’histoire nous donne une leçon : quand Jocelyn Bell Burnell a enregistré les pulsations périodiques du premier pulsar, on a d’abord rejeté leur origine naturelle, les baptisant LGM-1 — « petits hommes verts ». Nous sommes programmés pour voir les anomalies comme l’œuvre de quelqu’un. Mais que se passerait-il si les sociétés les plus durables ne laissaient pas de telles anomalies ? Leurs biosignatures pourraient amplifier doucement le fond naturel au lieu de le contredire. Ainsi se résout le paradoxe de Fermi : les espèces bruyantes s’éteignent vite ou se taisent, tandis que les silencieuses restent inaperçues.
Pour la science des technosignatures, cela signifie la nécessité d’une décolonisation — passer de la recherche de la fumée à celle du feu. Au lieu de demander « où quelque chose ne va pas ? », il faut se demander « où tout est-il trop harmonieux ? ». Une telle technologie ne perturbera pas l’équilibre naturel, mais en fera partie. Il faudra revoir les critères de détection et développer des méthodes pour isoler les signaux faibles mais prolongés, émis par des civilisations qui respectent leur planète.
Une piste concrète pourrait être la philosophie du « double regard » (Two-Eyed Seeing), qui unit les optiques occidentale et autochtone. Les chercheurs pourraient, à l’aide de simulation numérique, reproduire des scénarios de développement non perturbateur et prédire leurs manifestations dans les données. Cela exigera de nouveaux algorithmes de traitement du signal, sensibles aux tendances lentes plutôt qu’aux pics soudains.
Repenser les technosignatures aura un impact sur l’astrobiologie, la philosophie des sciences et les débats sur le développement durable, en nous amenant à voir les civilisations cosmiques non comme des conquérants, mais comme des cohabitants.
Il faudra élaborer des modèles théoriques de technosignatures compatibles avec le point de vue autochtone, et évaluer leurs manifestations observationnelles dans les atmosphère exoplanétaire et le Milieu interstellaire en exploitant les données des exoplanète issues des relevés en cours.
L’article relie directement le paradoxe de Fermi aux préjugés culturels dans les technosignatures et met au jour le problème de la détectabilité des technologies non polluantes, ce qui recoupe les questions de durabilité des civilisations dans le contexte de l’évolution stellaire et de l’évolution galactique.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
L'article propose de repenser la recherche de technosignatures à travers le prisme des savoirs autochtones : les méthodes actuelles cherchent des écarts par rapport au fond naturel, ce qui revient en réalité à chercher une pollution, et la pollution est considérée comme une forme de colonisation. L'auteur compare la science occidentale et les épistémologies autochtones, montrant que des civilisations durables pourraient ne pas laisser d'anomalies visibles, et suggère de chercher des technologies harmonieuses plutôt que destructrices.
Où est sa force
La force de ce travail réside dans le déplacement du focus, de la recherche d'anomalies vers la recherche d'harmonie, ce qui ouvre un nouveau domaine de signatures : faibles et durables, plutôt que catastrophiques. Cela élargit le cadre conceptuel du SETI et propose un critère concret : au lieu de se demander « où est-ce que quelque chose cloche ? », se demander « où tout est trop harmonieux ? ».
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Cela pourrait élargir l'espace de recherche de l'intelligence extraterrestre, en y incluant des civilisations qui ne suivent pas la voie occidentale du développement. Si de telles civilisations existent, les méthodes actuelles ne les détecteront pas, et ce changement de paradigme proposé pourrait être la clé pour résoudre le paradoxe de Fermi.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.66 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.07592
There exist numerous proposals for potential technosignatures that we can search for, but they all tend to be deviations from possible naturally occurring signals. That is, technosignatures tend to be a search for pollution. Following a number of works by Indigenous scholars, pollution is colonization, even if that pollution is lightyears away. In this situations we are searching for colonial societies that are a reflection of colonial societies on Earth. This may help explain the Fermi Paradox. We are searching for systems that are highly polluting and potentially destructive, while we do not search for extraterrestrial societies that are less impactful on their celestial environment. This also suggests that we might consider technosignatures that act to support natural environments and might be more closely related to biosignatures, that is a technology that reflects a supportive relationship with nature.
Le premier pulsar, découvert par Jocelyn Bell Burnell en 1967, a d’abord été désigné sous le nom de LGM-1 (« petits hommes verts ») — tant on s’attendait à ce que tout écart par rapport à la nature ait une origine artificielle.