Dans l'univers qui refroidit après le Big Bang, un champ quantique, telle une toile invisible, s'est figé en cloisons entre des régions aux propriétés de vide différentes. Ces murs, mille fois plus minces qu'un atome, auraient dû, selon les calculs, accumuler une masse monstrueuse et déformer le Fond diffus cosmologique ainsi que l'expansion de l'univers. Mais les observations du décalage vers le rouge des supernovae lointaines montrent le contraire : les murs ont disparu.
L'explication se trouve dans les simulations numériques. Si les masses des excitations du champ diffèrent de part et d'autre du mur, celui-ci se transforme en fusée : l'énergie s'échappe du côté du vide léger, et le mur lui-même reçoit une impulsion dans la direction opposée. Le réseau de murs se met en mouvement, entre en collision et s'effondre ; les calculs, même avec une courbure de l'espace-temps, confirment une disparition rapide.
Ce mécanisme ne requiert aucune nouvelle particule et explique naturellement l'absence de murs aujourd'hui. Leurs collisions génèrent des ondes gravitationnelles — des ondulations de l'espace-temps que les futurs observatoires pourraient peut-être détecter.
L'effet fusée propulse le mur à des vitesses de dizaines de milliers de kilomètres par seconde — plus rapide que n'importe quelle sonde construite par l'homme.