Une étoile à neutrons est le résidu ultra-dense d'une étoile morte. Dans ses entrailles, la matière ressemble à une soupe bouillonnante : un fluide de protons devenu supraconducteur (il s'écoule sans frottement), et les vortex qui le traversent sont comme des morceaux de légumes qui tourbillonnent. Chaque vortex porte un champ magnétique. On pensait autrefois que seuls les électrons, qui se faufilent dans le plasma environnant comme des fourmis entre les « légumes », pouvaient les déplacer. Mais en s'appuyant sur les idées de Lev Landau et John Bardeen, les chercheurs ont découvert que les neutrons, qui traversent le fluide comme des bulles, exercent eux aussi une force. Celle-ci naît d'effets subtils de la théorie quantique des champs et de la thermodynamique quantique – les lois de l'infiniment petit.
Cette découverte modifie les calculs du champ magnétique des étoiles à neutrons et explique les à-coups de rotation des pulsars (ces phares cosmiques). Certaines étoiles deviennent des magnétars avec des champs des milliards de fois plus intenses que celui de la Terre. Rebondissement inattendu : l'interaction est si faible qu'elle équivaut à la pression de la lumière sur une voile, mais c'est elle qui régit la vie de l'étoile – un chapitre de l'évolution stellaire. Pour vérifier cela, les scientifiques auront recours à la simulation numérique.
Si l'on pouvait prélever une cuillère à café de matière d'une étoile à neutrons, son poids dépasserait des milliards de tonnes.