Un puissant projecteur éclaire de côté, et nous n'en voyons que le reflet – c'est ainsi qu'AT 2019ijn a été détecté. L'événement de rupture de marée d'une étoile par un trou noir a déclenché un jet – un faisceau de matière filant à une vitesse proche de celle de la lumière. Il a manqué la Terre, mais un an après le sursaut optique, les radiotélescopes ont capté une émission prolongée : le jet, en percutant le gaz, s'est trahi. Contrairement à une supernova, l'étoile n'a pas explosé, elle a été déchirée.
Dans la galaxie naine, où bouillonne la formation stellaire, la distance a été calculée grâce au décalage vers le rouge (loi de Hubble). Les restes de l'étoile, enroulés en un disque d'accrétion surchauffé, brillaient comme un corps parfaitement chaud – selon la formule de Planck, leur température dépassait dix mille degrés. La grande surprise : le trou noir était de masse intermédiaire, alors qu'on pensait auparavant que seuls les géants pouvaient lancer des jets. Et deuxième surprise : si ce jet avait été dirigé vers la Terre, nous aurions vu l'un des sursauts gamma les plus brillants – heureusement, il est passé à côté. La radioastronomie aidera désormais à rechercher de telles menaces cachées.
Si le jet d'AT 2019ijn avait été pointé directement vers la Terre, nous aurions vu l'un des sursauts gamma les plus brillants de l'histoire – heureusement, le rayon est passé à côté.