Les transitoires extragalactiques les plus brillants naissent souvent de l'accrétion de matière sur des trous noirs — que ce soit lors de l'effondrement du cœur d'une étoile massive (accompagné d'une explosion de supernova), de la fusion d'étoiles, ou d'un événement de rupture de marée (TDE). Dans de rares cas, ces événements lancent de puissants jets relativistes, qui ne sont cependant presque toujours détectés que lorsqu'ils pointent directement vers l'observateur, via leur émission de haute énergie. La détection d'un jet hors axe ouvre une fenêtre unique sur la physique de ces phénomènes extrêmes et permet d'étudier une population cachée aux sursauts gamma traditionnels.
Le transitoire AT 2019ijn a été découvert dans le cadre du relevé radio VLASS (Very Large Array Sky Survey) comme une nouvelle source à 3 GHz, absente des époques précédentes. Le suivi spectroscopique ultérieur avec les télescopes Keck et la photometrie ZTF (Zwicky Transient Facility) ont révélé une éruption optique coïncidant en coordonnées avec la source radio. Pour déterminer la distance, on a utilisé la loi de Hubble, découverte par Edwin Hubble, en mesurant le décalage vers le rouge des raies dans le spectre de la galaxie hôte. La modélisation des spectres radio repose sur l'émission synchrotron d'un front de choc en décélération ; le modèle privilégié est celui d'un jet étroit hors axe.
L'éruption optique de AT 2019ijn a montré une montée rapide (7 jours dans le référentiel au repos) jusqu'à une luminosité maximale d'environ 7.8×10⁴³ erg/s dans la bande g, et un déclin inhabituellement lent (>45 jours), ce qui n'est typique ni des supernovae ni des TDE classiques. L'analyse du spectre optique a montré que l'éruption est bien décrite par l'émission d'un corps noir avec une température d'environ 10⁴ K ; l'application de la loi de Stefan-Boltzmann a donné un rayon de photosphère d'environ 2×10¹⁵ cm — ces méthodes trouvent leurs racines dans les travaux de Max Planck. Un an après le pic optique, une émission radio est apparue avec une énergie de jet d'environ 2×10⁵² erg, qui a persisté plus de 6 ans. Le spectre de la galaxie naine hôte, avec une formation stellaire active et une faible métallicité, a révélé une accrétion par disque et une large raie d'émission Hα, indiquant un milieu circumstellaire dense. La modélisation a confirmé que les données radio à toutes les époques sont bien décrites par un seul jet étroit avec un angle d'observation d'environ 1 radian et une énergie suffisante pour expliquer la luminosité observée.
AT 2019ijn semble représenter un nouvel exemple d'événement de rupture de marée d'une étoile par un trou noir de masse 10⁴–10⁶ M_⊙, accompagné d'un jet hors axe — un analogue du célèbre événement AT 2022cmc, mais observé sous un angle plus grand. Cela renforce l'hypothèse que les jets peuvent être lancés même par des trous noirs de masse intermédiaire lors d'une accrétion super-Eddington. Alternativement, l'événement pourrait résulter de la fusion d'une étoile avec un trou noir dans une enveloppe commune — une sous-classe exotique de supernovae nécessitant une révision des modèles.
Les futurs relevés radio, tels que le Deep Synoptic Array (DSA) et le Square Kilometre Array (SKA), pourront détecter systématiquement de tels jets hors axe, permettant de construire une démographie de ces événements rares et de contraindre le taux de lancement de jets par les trous noirs. De plus, des observations profondes en rayons X et en infrarouge aideront à préciser la nature du moteur central.
Cette découverte impacte l'astrophysique des trous noirs, la théorie des jets et l'évolution stellaire, ainsi que la compréhension du cycle de la matière dans les galaxies.
Des observations multi-longueurs d'onde (rayons X, infrarouge) sont nécessaires pour préciser les paramètres du système et rechercher un écho de poussière, ainsi qu'une modélisation théorique de l'accrétion super-Eddington et du lancement de jet dans le régime de masse intermédiaire des trous noirs.
AT 2019ijn est directement lié à des problèmes non résolus : comment les jets relativistes se forment-ils et se collimatent-ils dans des conditions d'accrétion extrêmes ? Les trous noirs de masse intermédiaire peuvent-ils lancer efficacement des jets ? Et quelle est la nature des transitoires optiques bleus rapides (LFBOT) — sont-ils liés aux TDE ou aux fusions ?
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
L'article décrit la découverte du transitoire AT 2019ijn comme un jet relativiste hors axe issu de la disruption d'une étoile par effet de marée (TDE). En s'appuyant sur le relevé radio VLASS, la photométrie optique de ZTF et la spectroscopie de Keck, les auteurs modélisent les spectres radio par un rayonnement synchrotron provenant d'un choc en décélération et concluent que les données sont mieux décrites par un jet étroit observé sous un angle d'environ 1 radian, avec une énergie d'environ 2×10^52 erg.
Où est sa force
Mise en évidence convaincante d'un jet hors axe dans une TDE grâce à un suivi radio pluriannuel, ce qui permet d'étudier la population de tels événements, cachée aux observations traditionnelles des sursauts gamma. La combinaison des contraintes optiques et radio est particulièrement précieuse pour déterminer indépendamment la géométrie du jet.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si les jets hors axe dans les TDE s'avèrent fréquents, cela modifiera l'estimation de l'énergie totale de ces événements et de leur contribution à la population de neutrinos et de rayons cosmiques. La comparaison avec les blazars pourrait éclairer l'universalité des mécanismes de lancement des jets à différentes échelles de trous noirs.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.63 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.10047
Many of the most luminous extragalactic transients originate from the accretion of material onto a black hole (BH) via core-collapse, stellar mergers, or the tidal disruption of a star. Some produce energetic multi-wavelength emission, displaying short, blue optical flares and bright, long-lived radio afterglows. In rare cases, these have also launched powerful relativistic jets almost exclusively detected on-axis via high-energy emission. Here we report AT 2019ijn, a radio transient discovered in the Very Large Array Sky Survey, associated with a powerful relativistic jet viewed off-axis and accompanied by a luminous ($$ u L_{ u, opt} \sim 10^{44}$$ erg/s) optical transient. Originating from a star-forming dwarf galaxy at z = 0.273, AT 2019ijn's optical flare exhibited a fast rise ($$t_{rise, rest} \sim 7$$ d) and shallow decline ($$t_{dec, rest} > 38$$ d), followed a year later by an energetic ($$E \sim 2\times10^{52}$$ erg) radio counterpart persisting for $$>6$$ years. These combined properties are unprecedented and preclude known classes of stellar explosion powered by core-collapse. Instead, the implied accretion onto a BH and associated off-axis jet invokes an exotic BH-stellar merger or a jetted tidal disruption event (TDE) by a $$10^4 - 10^6 M_\odot$$ black hole. Favoring a TDE, this work determines the jet-launching occurrence, with the low redshift allowing constraints on the late-time evolution in contrast to prior events. Upcoming radio sky surveys will offer an unprecedented new window for further discovery of AT 2019ijn-like off-axis relativistic transients.
Si le jet de AT 2019ijn avait pointé directement vers la Terre, nous aurions vu un sursaut gamma extrêmement brillant, mais heureusement, il est dévié, et nous n'observons que son « écho » en radio.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, un signal arrive du système de Véga, déclenchant la construction d'une machine ; si nous avions pris l'émission radio de AT 2019ijn pour un signal artificiel, cela aurait pu être le début d'une histoire similaire.