Chaque hiver, les hôpitaux se remplissent, et l'été, ils semblent se vider. Les épidémies respirent comme la marée. Mais pourquoi les vagues de maladies déferlent-elles sans cesse, même sans nouvelles mutations ? Les mathématiciens ont trouvé la réponse dans la rivalité entre deux souches.
Au sein d'une même épidémie, deux variants d'un virus coexistent souvent. Après avoir attrapé l'un, on développe une protection partielle contre l'autre. C'est comme deux lutteurs qui s'empêchent mutuellement d'attraper le même spectateur. Si une souche est légèrement plus contagieuse, elle commence à donner le rythme. Au début, les fluctuations sont faibles — le nombre de malades oscille doucement, comme un bateau sur une mer calme. Mais dès que le seuil est franchi, le bateau est jeté dans la tempête : les épidémies deviennent énormes et se répètent sans fin.
Les scientifiques ont testé le modèle sur ordinateur, en ajoutant l'oubli de l'immunité et l'isolement des malades. Les vagues n'ont pas disparu. Cela signifie que les épidémies récurrentes ne sont pas un hasard, mais une propriété intrinsèque du système où les virus se disputent les humains.
Ainsi, la prochaine hausse de la morbidité n'est pas un caprice de la nature, mais le tic-tac d'une horloge remontée par les souches elles-mêmes.
Même sans nouvelles mutations, deux souches concurrentes peuvent entretenir des cycles épidémiques pendant des décennies — comme un pendule que personne ne pousse.