Les glitches, ces accélérations soudaines de la rotation des pulsars, ont longtemps été considérés comme la marque des étoiles à neutrons jeunes et énergétiques. Mais PSR J1637−4642 sortait du lot : avec un âge caractéristique d'environ 41 000 ans et une luminosité élevée, il était resté silencieux depuis sa découverte dans le relevé Parkes Multibeam. Les travaux voisins dans les archives montrent que les glitches sont étudiés sur des pulsars très variés, du Crabe aux amas globulaires, mais ce sont précisément les sources « silencieuses » qui se réveillent soudainement qui offrent une rare occasion de voir combien de temps les contraintes s'accumulent dans la croûte. Cet article comble une lacune : pour la première fois, non pas un mais trois glitches ont été enregistrés pour PSR J1637−4642, et l'un d'eux est assez fort pour une modélisation détaillée.
Les observations ont été menées avec le radiotélescope de 64 mètres Murriyang (Parkes, Australie) de février 2009 à octobre 2024. Le signal du pulsar a été enregistré par trois systèmes de réception différents : le récepteur multifaisceau (1369 MHz), le récepteur H-OH (1465 MHz) et le récepteur à très large bande UWL (704–4032 MHz). En raison de la faiblesse de la source, seuls 166 instants d'arrivée fiables des impulsions ont pu être obtenus. Les séries temporelles ont été analysées avec les logiciels PSRCHIVE et TEMPO2, en divisant les données en quatre segments selon les époques des glitches. Pour le glitch le plus puissant, une modélisation bayésienne de la post-éruption a été réalisée dans le cadre du modèle de fluage des vortex, à l'aide du logiciel Bilby et de l'échantillonneur dynesty.
Le premier glitch s'est produit vers MJD 58352 (environ 2020) et a modifié la fréquence de rotation de 2,7×10⁻⁶, soit un saut de 17,5 microhertz. Le deuxième, trois ans plus tard, était 1200 fois plus faible : seulement 2,2×10⁻⁹. Le troisième, encore 2,7 ans plus tard, avait une intensité intermédiaire de 2,8×10⁻⁸. Seul le premier glitch a montré une restauration exponentielle : la fréquence est partiellement revenue en arrière sur un temps caractéristique d'environ 100 jours, mais seule une petite fraction est revenue, soit 1,5 % du saut. L'ajustement du modèle de fluage des vortex a donné une fraction de moment d'inertie superfluide de 1,87 % du moment d'inertie total de l'étoile. Cette valeur se situe dans la plage attendue pour les neutrons superfluides de la croûte interne.
Ces travaux renforcent le modèle superfluide standard des glitches : le saut se produit lorsque les vortex du superfluide se décrochent des noyaux du réseau et transfèrent leur moment cinétique à la croûte. Contrairement aux études voisines qui se contentent souvent de constater le glitch, ici on a réussi à extraire un paramètre physique — la fraction de la composante superfluide — à partir de la post-éruption. C'est un cas rare où un seul glitch fournit une estimation quantitative de la structure interne d'une étoile à neutrons, et non pas seulement des statistiques d'événements.
Si le pulsar continue d'être observé, on pourra accumuler davantage de glitches et vérifier si leur distribution en taille suit une loi de puissance, comme pour d'autres pulsars jeunes. Il est également important de surveiller l'apparition de glitches avec une fraction de restauration plus élevée, ce qui indiquerait un autre régime de fluage des vortex. À terme, de telles études pourraient aider à relier le taux de glitches à la température du noyau et à préciser l'équation d'état de la matière superdense.
Les résultats influenceront les modèles d'étoiles à neutrons, la physique des superfluides dans des conditions extrêmes et l'interprétation des données des détecteurs d'ondes gravitationnelles, où il est important de savoir comment les étoiles à neutrons tournent et se décrochent.
Poursuivre le chronométrage régulier de PSR J1637−4642 avec Murriyang afin de détecter le prochain glitch et d'affiner la distribution des intervalles entre les sauts. Il conviendrait également de modéliser plus soigneusement le bruit de chronométrage pour mieux séparer la tendance séculaire des fluctuations aléatoires.
En physique des étoiles à neutrons, la question reste ouverte de savoir quelle partie du moment d'inertie est contenue dans la composante superfluide et comment exactement les vortex interagissent avec la croûte. Ce travail fournit une estimation directe de cette fraction pour un objet, mais ne résout pas le problème de l'incertitude sur l'énergie d'ancrage et le décalage critique, dont dépend l'interprétation de la température.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Cette étude présente l'analyse de 15,5 années d'observations du pulsar PSR J1637−4642 réalisées avec le radiotélescope Murriyang, au cours desquelles trois glitches ont été détectés pour la première fois, avec des amplitudes allant de 2,2×10⁻⁹ à 2,7×10⁻⁶. Pour le glitch le plus puissant, une modélisation bayésienne du post-glitch a été effectuée dans le cadre du modèle de fluage de vortex, permettant d'estimer la fraction du moment d'inertie superfluide à 1,9%. Il est démontré que même les pulsars longtemps considérés comme stables peuvent accumuler des contraintes et manifester une activité de glitch.
Où est sa force
Le point fort réside dans l'obtention d'une estimation quantitative de la fraction de la composante superfluide à partir du post-glitch d'un seul événement, ce qui est rarement possible pour des pulsars avec peu de glitches enregistrés. Cela montre qu'il est possible d'extraire des paramètres physiques d'une étoile à neutrons même à partir de données limitées.
Vers où avancer
À essayer
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.66 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.19555v1
We present the discovery and analysis of three rotational glitches in the young pulsar PSR J1637$$-$$4642. The timing observations span from 19 February 2009 to 6 October 2024 (MJD 54881$$-$$60589) from the Murriyang radio telescope of the Parkes Observatory. The first and strongest glitch occurred around MJD 58352 with a fractional frequency change of $$\Delta u/ u \sim 2.7 \times 10^{-6}$$, while two additional smaller glitches were detected at MJD 59443 and MJD 60445 with fractional changes of $$2.2 \times 10^{-9}$$ and $$2.8 \times 10^{-8}$$, respectively. Prior to this, the pulsar had shown no glitch activity since its discovery in the Parkes Multibeam survey. Only the first glitch exhibits detectable exponential recovery, with a decay timescale of $$\sim$$100 days and a small recovery fraction $$\approx 0.015$$, accompanied by a permanent increase in the magnitude of the spin-down rate. Modeling the post-glitch evolution of $$\dot{ u}$$ within the vortex-creep framework using Bayesian inference gives a superfluid moment-of-inertia fraction $$\approx 0.0187$$, consistent with the inner-crust superfluid. These results reinforce the standard superfluid glitch paradigm and demonstrate that even ``quiet'' pulsars can still host substantial glitch activity.
Le glitch le plus faible de ce pulsar a modifié la fréquence de rotation de seulement 14 nanohertz — c'est comme si l'aiguille des secondes d'une horloge accélérait d'un dix-milliardième de seconde par an.