Dans les fils ordinaires, les électrons se bousculent, perdent de l'énergie, chauffent : c'est la résistance. Dans les supraconducteurs, une partie des électrons se synchronise en paires, comme des danseurs qui tournoient sans se heurter. Mais ces paires se cachent : on ne peut pas les voir directement, seulement les deviner grâce à leur coordination parfaite.
Les scientifiques ont appliqué l'équivalent de la spectroscopie (une méthode qui identifie une substance par son « empreinte » lumineuse) sur un ordinateur quantique. La machine a imité le modèle standard du matériau, nommé d'après Enrico Fermi, et a agi comme une caméra révélant des paires de danseurs cachées. Lors du refroidissement du modèle, l'entropie (mesure du désordre) diminuait et les paires devenaient nettes.
C'est un pas vers la supraconductivité sans froid extrême. Les pertes dans les câbles disparaîtraient, des trains en lévitation verraient le jour, et les scanners médicaux deviendraient moins chers.
L'ordinateur quantique a été conçu à l'origine comme simulateur de systèmes quantiques. Richard Feynman affirmait déjà dans les années 1980 que de telles tâches nécessitaient des dispositifs quantiques.
Dans le film de science-fiction « Avatar », on extrait l'anobtanium, un supraconducteur à température ambiante qui rend possibles des technologies incroyables.