Le temps ressemble à une route : de loin, elle semble parfaitement lisse, mais sous un fort grossissement, on voit chaque fissure. Ces irrégularités, ce sont les fluctuations quantiques du vide, qui empêchent de mesurer précisément le chemin parcouru. Des physiciens ont construit un modèle d'horloge dont le fonctionnement repose sur la création spontanée de particules à partir du vide. Il s'avère que différentes horloges, même placées côte à côte, avancent différemment — tout dépend de la façon dont leur mécanisme interagit avec ce fond fluctuant. Ainsi, le monde microscopique brouille le temps. Cet effet rappelle le paradoxe des jumeaux de la théorie de la relativité d'Einstein, mais ici, le vieillissement ne dépend ni de la vitesse ni de la gravité, mais de la construction interne. Le coupable, c'est la mer de particules virtuelles qui naissent et disparaissent sans cesse, même dans le vide absolu, comme l'a démontré Feynman dans le modèle standard de la physique des particules. Cette effervescence ne peut être arrêtée ni par un refroidissement à zéro absolu, ni par une isolation totale. Elle est une propriété intrinsèque de l'espace, et pour tout ce qui est plus petit qu'un grain de poussière, le temps cesse d'être unique. Les horloges les plus précises se dérégleront simplement parce qu'elles vivent dans un monde bouillonnant.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2512.06076
Vacuum fluctuations in quantum field theory impose fundamental limitations on our ability to measure time at arbitrarily short scales. To investigate the impact of universal quantum field theory effects on observer-dependent time measurements, we introduce a clock model based on the vacuum decay probability of a finite-sized quantum system. This model defines an effective notion of proper time that depends on the microscopic properties of the clock and on how it samples vacuum fluctuations along its trajectory. We show that, in the long-time regime, this notion of time reduces to the usual proper time of special relativity. However, by studying a microscopic twin-paradox scenario, we find that, in general, time is not determined solely by the trajectory connecting two events, but also by how vacuum fluctuations interact with the internal structure of the clocks.
Le bruit quantique ne peut être éliminé ni par refroidissement ni par blindage — il est inscrit dans les fondements de l'univers et rend toute horloge éternellement imprécise.