La lumière ordinaire tremble toujours un peu : sa luminosité et sa couleur oscillent, comme l'air dans un ballon gonflé après une poussée. Dans la lumière « compressée », ces oscillations sont redistribuées — comme si l'on pressait le ballon d'un côté, le rendant plus mince ici et plus épais là, mais avec un volume total identique. On sacrifie ainsi la précision d'un côté pour gagner de l'autre. Cela a déjà permis aux détecteurs d'ondes gravitationnelles de capter des vibrations des milliers de fois plus petites qu'un noyau atomique, et d'entendre des collisions de trous noirs à des milliards d'années-lumière.
Désormais, les physiciens ont appris à changer instantanément la partie du « ballon » que l'on comprime. Ils envoient sur un matériau deux éclairs laser avec un délai inférieur à une oscillation lumineuse — la lumière n'a pas le temps de changer, mais la matière se réorganise déjà. Cette commutation se produit en attosecondes (milliardièmes de milliardièmes de seconde). L'analyse par spectroscopie montre comment les différentes couleurs de cette lumière sont liées entre elles, permettant de concevoir des sources quantiques idéales pour les futurs ordinateurs. Une telle vitesse pourrait dépasser de plusieurs milliards de fois la rapidité des processeurs actuels.
Personne ne comprime physiquement la lumière « compressée » — il s'agit simplement d'une astucieuse redistribution du bruit naturel, où la réduction des interférences d'un côté se traduit par leur augmentation de l'autre, comme pour un ballon.