L'intrication quantique est un lien particulier entre particules : elles s'influencent mutuellement instantanément, même séparées par des années-lumière. On a longtemps pensé qu'une forte accélération détruisait ce lien. La raison en est la chaleur générée par l'accélération (effet Unruh), prédite par la théorie d'Einstein et apparentée au rayonnement des trous noirs découvert par Hawking. Cette chaleur, telle de l'eau bouillante, rompt les fragiles fils de l'intrication.
Mais des physiciens ont découvert un état de quatre particules où le lien se fige solidement. C'est comme un nœud fait de quatre fils : on a beau le secouer, il ne se défait pas. Un fil est si étroitement tissé avec les trois autres qu'aucune secousse ne peut défaire le nœud. C'est une exception étonnante à la règle.
Cette découverte signifie que dans un espace-temps courbe — près d'objets massifs ou sur des satellites en accélération — on pourrait créer des canaux quantiques indestructibles. Un détail inattendu : cette résistance parfaite ne fonctionne que pour un groupe de quatre particules, pas pour deux ou trois. Une sorte de nombre magique qui promet de protéger l'internet quantique dans l'espace.
L'effet Unruh est un « mirage » quantique : pour un observateur en accélération, l'espace vide semble rempli de particules chaudes, comme s'il était entouré d'un plasma invisible.
L'ansible des livres d'Ursula Le Guin — cet appareil de communication instantanée interstellaire — pourrait physiquement s'appuyer sur un tel état intriqué « gelé ».