Le cosmos fonctionne comme une table de billard. Les planètes externes massives, telles des boules lourdes, transmettent leur énergie aux petits mondes internes. Un tel coup gravitationnel peut éjecter une petite planète hors de son système stellaire. Elle se transforme en vagabonde libre — une exoplanète sans étoile.
Détecter ces invisibles est difficile : elles n'émettent ni ne réfléchissent la lumière. Les astronomes utilisent la photométrie — ils capturent le moment où une planète errante, par son attraction, amplifie brièvement l'éclat d'une étoile lointaine (effet de lentille). Quant aux planètes autour des étoiles, on les trouve par la méthode du transit — grâce à de minuscules baisses de luminosité.
Les collisions gravitationnelles ne créent pas seulement des marginaux. Elles réorganisent les orbites : les super-Terres proches de leur étoile peuvent se rapprocher encore davantage ou tomber dans le feu. Les vagabondes les plus rapides quittent définitivement la galaxie, emportant peut-être une vie sous une croûte de glace, réchauffée par la chaleur interne.
Les planètes orphelines peuvent retenir des satellites et préserver des océans sous-glaciaires, réchauffés par la désintégration radioactive — une vie pourrait y exister sans lumière stellaire.
Dans le roman « Le Vagabond » d'Alan Dean Foster, une civilisation se développe sur une planète errante sans lumière stellaire.