Une goutte tombe dans un verre, et de la surface se détache un minuscule jet — un fin jet d'eau qui s'élève un instant. C'est à peu près ce qui se passe avec une bulle collée à la paroi d'un tube lorsque l'on tire brusquement le tube vers le bas. L'eau autour de la bulle se précipite vers l'intérieur, et un jet jaillit de son sommet. La vitesse de ce jet dépend de la forme de la bulle — de son degré de courbure, comme le dôme d'un parapluie.
Lorsque le tube est dans l'air et que la bulle est à son extrémité, tout est simple : plus la bulle est enfoncée, plus le jet est rapide. Mais si l'on plonge le tube dans l'eau, une subtilité apparaît. La pression de l'eau environnante modifie la donne, et la bulle présente désormais une courbure optimale. Trop plate — le jet est faible. Trop bombée — il est également faible. Mais le juste milieu donne le jet le plus puissant.
Les chercheurs ont établi une formule qui combine deux contributions : l'une provenant de la courbure de la bulle elle-même, l'autre de la profondeur d'immersion du tube. Des expériences avec de vraies bulles et une caméra rapide ont confirmé les calculs. Il s'avère que la forme optimale de la bulle se déplace lorsque le tube est immergé plus profondément. Ce n'est pas qu'un amusement : de tels jets se rencontrent dans la nature — par exemple, lorsque des bulles éclatent à la surface de l'océan et projettent dans l'air de minuscules gouttelettes de sel.
Lorsqu'une bulle éclate à la surface de l'eau, le jet peut atteindre plusieurs mètres par seconde — plus vite qu'un humain ne court.