Le faisceau d'un laser traverse le verre et touche un mince film de diamant. Au point de contact, le film se transforme en une étroite bande qui se soulève légèrement. On place une deuxième bande de ce type à côté, et il reste entre elles un couloir vide. C'est cela, le canal : sa largeur peut être cinquante fois plus grande que sa hauteur, comme une feuille de papier posée sur une table.
L'eau s'écoule dans le canal toute seule, comme dans un buvard. Aucune pompe n'est nécessaire — le liquide rampe le long de la fente grâce à l'attraction des parois. Le canal ne se détruit pas, même lorsqu'il est complètement rempli. À travers le verre transparent, on voit l'eau se déplacer à l'intérieur : la lumière se réfléchit différemment sur les zones remplies et vides.
Cette méthode, c'est comme dessiner au laser sur du verre. Deux lignes, et le canal est prêt entre elles. Aucun assemblage complexe, aucune colle. Cela ouvre la voie à des dispositifs bon marché et fiables où les liquides s'écoulent dans des fentes plates extrêmement fines.
L'eau s'écoule dans ce canal toute seule, sans pompe, comme dans une éponge sèche qu'on plonge dans une flaque.