Un nuage orageux accumule de l'électricité comme une batterie avant l'éclair. Il peut se décharger de deux manières : par un éclair ou par la création de particules à charge minuscule, appelées particules milli-chargées. Ces particules sont presque invisibles pour les instruments, mais on peut détecter leur trace en observant la fréquence des éclairs.
Les auteurs de l'étude ont comparé les orages sur différentes planètes du système solaire. Il s'est avéré que les orages dans l'atmosphère de Saturne fournissent les meilleures contraintes sur les particules milli-chargées. Si les nuages y sont stratifiés, la charge de ces particules doit être supérieure à un dix-septillionnième de la charge de l'électron. C'est la contrainte la plus forte à ce jour pour les particules bosoniques.
L'idée est simple : si des particules milli-chargées sont créées dans un orage, elles emportent de l'énergie, et il y a moins d'éclairs. En comparant le nombre d'éclairs observés à celui attendu, on peut déduire quelles particules ont pu voler de l'énergie. Ainsi, un orage ordinaire devient un laboratoire pour la recherche d'une nouvelle physique.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.05338
We investigate the production of millicharged particles (mCPs) by the Schwinger mechanism in thunderstorms in the atmospheres of different planets in the Solar system. We consider a thundercloud as a giant capacitor that can be discharged in two ways: either by lightnings or by mCP production. Taking into account the observation of lightning strikes, we establish the constraints on the charge and mass of mCPs. We examine two types of cloud configurations: a simple arrangement of two clouds, and a more complex layered structure that gives rise to potential wells. In the latter case, we take into account the effects of Bose enhancement for scalar mCPs, and Pauli blocking for fermionic ones. We use the observational data of planetary atmospheres obtained by satellite missions to establish constraints on the charge and mass of mCP particles. The best constraints came from the observation of thunderstorms in Saturn's atmosphere under an assumption of layered cloud structure: $$q > 10^{-24}$$ for bosonic mCPs. These constraints for bosons are, to the best of our knowledge, the best in the literature.
Une charge de $10^{-24}$ fois celle de l'électron est si petite qu'à un mètre de distance, une telle particule serait attirée par un électron ordinaire avec une force un milliard de fois plus faible que celle entre deux électrons.
Dans la série « Matière noire », les particules à charge fractionnaire sont la clé pour comprendre le secteur caché de l'Univers.