Un cristal de cuivre est comprimé dans une enclume de diamant. La pression augmente, et à l'intérieur du matériau se déroule une lutte entre deux états : l'un prépare les électrons à la supraconductivité, l'autre, au contraire, les empêche de s'associer. Les scientifiques ont suivi cette lutte à l'aide d'impulsions laser ultrabrèves.
La spectroscopie a montré que la température à laquelle apparaît le pseudogap (un état où les électrons sont partiellement bloqués) augmente avec la pression. Mais le gap énergétique du pseudogap, lui, se rétrécit. La supraconductivité, quant à elle, suit son propre chemin : sa température critique et son gap augmentent d'abord, atteignent un maximum, puis chutent. Les deux ordres ne sont pas synchrones.
À 37 GPa, la supraconductivité disparaît complètement, laissant place à un état isolant. Ce scénario indique que le pseudogap n'est pas un « vestibule » de la supraconductivité, mais un concurrent à part entière. C'est une étape importante vers la compréhension de la supraconductivité à haute température.
Une pression de 37 GPa équivaut à environ 370 000 fois la pression atmosphérique. C'est la pression qui règne à l'intérieur de la Terre, à environ 1000 km de profondeur.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Les Enfants d'Icare », les extraterrestres utilisent des supraconducteurs pour la lévitation, mais il n'y est pas question de pseudogap.