L'intrication quantique ressemble à une toile invisible qui relie les particules, même si on les sépare de grandes distances. Dans les grands systèmes — par exemple, dans un morceau de matériau — cette toile peut soit rapidement envelopper tous les atomes, soit s'emmêler en un nœud et rester sur place. Le premier cas est appelé chaos quantique, le second, localisation. Comprendre quand et pourquoi se produit la transition de l'un à l'autre est important pour créer de nouveaux matériaux et des ordinateurs quantiques.
Mais mesurer cette toile directement n'est pas une mince affaire. Habituellement, cela nécessite des manipulations complexes sur chaque atome individuellement, comme si l'on devait tirer sur chaque fil pour comprendre le motif. Dans ce nouveau travail, les physiciens ont trouvé comment se passer d'un tel contrôle fin. Ils ont pris un simulateur quantique commercial à atomes neutres (un dispositif où des atomes flottent dans le vide, maintenus par des pinces laser) et ont appliqué une méthode astucieuse : ils ont modifié localement l'énergie des atomes tout en activant un champ commun à tous. Cela a permis de « secouer » le système et de reconstruire l'image de l'intrication à partir de la réponse.
L'expérience sur le simulateur Aquila a montré comment l'ajout de désordre — des décalages aléatoires d'énergie chez différents atomes — change le comportement de la toile. Sans désordre, l'intrication se propageait rapidement d'atome en atome, comme un feu dans l'herbe sèche. Mais lorsque le désordre devenait suffisamment fort, la propagation ralentissait et se bloquait : la toile s'emmêlait en nœuds locaux, incapable d'envahir tout le système. Cette transition du chaos à la localisation a pu être clairement résolue dans le temps, malgré les inévitables perturbations de l'environnement.
Cette approche ouvre la voie à une utilisation plus large des simulateurs analogiques. Désormais, il n'est plus nécessaire de savoir contrôler chaque atome individuellement — des actions grossières mais intelligentes suffisent. Et cela permettra de plonger encore plus profondément dans le monde de la physique quantique hors d'équilibre. Ainsi, la toile invisible de l'intrication, que les physiciens ont observée dans cette expérience, deviendra un peu plus compréhensible — et avec elle, les lois qui régissent la trame même de la réalité.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.24854
The development and spread of entanglement in complex quantum systems is central to exploring many-body phenomena out of equilibrium. Measuring entanglement dynamics can shed light on information scrambling and thermalisation, namely on transitions from many-body quantum chaos to localisation in disordered, interacting systems. In quantum computing systems, entanglement entropy and other nonlinear functions of the density matrix have been recently measured, in particular by using the randomised measurement toolbox. However, it is difficult to implement the required arbitrary unitary rotations on specific subsystems without universal local control. Here we devise and demonstrate the measurement of entanglement entropy in a programmable analogue quantum simulator using a randomised measurement protocol that leverages local energy tuning together with a global field to bypass the need for local gate control. We implement this on a commercially available neutral-atom quantum simulator, QuEra's Aquila, and use it to show how programmable disorder in the local Hamiltonian parameters leads to a transition from chaotic to localised entanglement dynamics. Given current decoherence times, we clearly resolve disorder-specific, time-dependent entanglement spreading in small systems. Our work extends the utility of programmable analogue quantum simulators, and opens further opportunities for wider randomised measurement toolboxes in a range of other analogue systems.
Les atomes neutres dans le simulateur sont maintenus à des températures de quelques millionièmes de degré au-dessus du zéro absolu — c'est plus froid que dans l'espace interstellaire.