Un champ magnétique peut empêcher une étoile de s'effondrer complètement — c'est l'idée derrière ce nouveau trou noir. Au lieu du point de densité infinie habituel, on trouve à l'intérieur un champ qui empêche l'espace de se réduire à zéro. C'est comme un ressort : plus on comprime, plus il résiste.
Les auteurs ont pris une géométrie existante de l'espace-temps et lui ont associé de la matière — un champ magnétique couplé à un champ scalaire (qui fixe la force en chaque point). Le paramètre clé ici est la charge magnétique, comme le nombre de lignes de force traversant le trou. Si la charge est petite, l'horizon des événements (la frontière d'où la lumière ne sort pas) disparaît, et il reste une singularité nue — mais ces cas sont écartés. Grâce à l'image de l'ombre du trou noir au centre de la Voie lactée, prise par le télescope Event Horizon Telescope, on a pu contraindre la charge : elle ne peut pas être trop grande, sinon l'ombre serait nettement plus petite.
En thermodynamique, un tel trou noir se comporte de manière familière : il a une température et une entropie, il obéit à la première loi (l'énergie se conserve) et à la formule de Smarr (qui relie la masse, l'aire de l'horizon et la charge). En chauffant, il peut passer d'un espace vide à un trou noir — c'est la transition de phase de Hawking–Page, comme la fonte de la glace. Mais contrairement à l'eau, il n'y a pas de point critique avec une ébullition violente — la stabilité change progressivement. L'analyse topologique confirme : par ses propriétés globales, ce trou noir est un parent du trou noir chargé de Reissner–Nordström, mais sans charge électrique.
Si le trou noir au centre de la Galaxie avait une charge magnétique notable, son ombre sur l'image serait d'un tiers plus petite — et on l'aurait remarqué immédiatement.
Dans le roman « Lumière des étoiles lointaines » de Greg Egan, les monopôles magnétiques sont utilisés pour stabiliser des trous de ver — ici, une idée similaire soutient le trou noir lui-même.