Dans l'hélium superfluide, le frottement visqueux disparaît — le liquide s'écoule comme un torrent de montagne, mais sans le moindre tourbillon, manifestant un effet quantique macroscopique. Une brève impulsion laser, telle une pierre jetée, a perturbé cette surface lisse, et les chercheurs, grâce à la spectroscopie — une méthode qui suit l'interaction de la lumière avec la matière, ont enregistré des ondulations qui se propageaient : ce sont des ondes quantiques, chacune avec sa propre vitesse, engendrées par le mouvement collectif des particules. En se superposant, les ondes dessinaient à la surface non pas les cercles concentriques habituels, mais des ellipses allongées. C'est ainsi que se manifeste visuellement la compression quantique : les fluctuations chaotiques sont supprimées dans une direction et amplifiées dans une autre, un peu comme le bavardage désordonné d'une foule se transforme soudain en un bourdonnement coordonné. L'ondulation comprimée transporte moins de bruit, et c'est là que se cache la surprise la plus inattendue — les crêtes de cette ondulation sont apparues une fraction d'instant avant que la « pierre »-impulsion n'ait, semblait-il, frappé. L'interférence de nombreuses ondes a créé l'illusion que l'étang quantique avait pressenti la perturbation future. Cette avance, qui semble mystique, et le mécanisme de compression ouvrent la voie à des instruments capables de capter les moindres frémissements de l'espace, réduisant l'entropie — mesure du désordre à des limites inimaginables auparavant. Cette découverte nous force à repenser notre compréhension du comportement collectif des particules et promet de nouveaux horizons dans les technologies ultra-sensibles.
Les rotons, prédits par Landau en 1941, étaient considérés comme des particules tournantes solitaires, mais ils se sont révélés être une danse collective des atomes.