Les ondes gravitationnelles ont mis au jour un abîme : les trous noirs dont la masse se situe entre 60 et 120 soleils naissent rarement. Ce gouffre est creusé par les supernovae à instabilité de paire — des explosions qui ne laissent même pas une poussière de l'étoile. Que l'étoile tombe dans le gouffre ou survive sur le bord dépend de la réaction entre le carbone et l'hélium, qui contrôle la composition du cœur.
Ce processus avance lentement : même une infime accélération — et tout le carbone se transformerait en oxygène, privant l'Univers de vie. Fred Hoyle a le premier compris que la réaction est réglée avec une précision extrême, sinon le carbone serait des centaines de fois moins abondant. Les nouvelles données ont réduit de près de moitié les vitesses possibles. Il s'avère que le bord du gouffre se trouve plus loin qu'on ne le pensait : les trous noirs ordinaires les plus légers commencent à 61–75 masses solaires. Un décalage de quelques pour cent seulement — et la frontière s'envole de dizaines de masses.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.07027v1
Gravitational-wave observations have renewed interest in the black-hole mass gap and in the maximum mass of first-generation black holes below its lower edge. The \(^{12}{\rm C}(\alpha,\gamma)^{16}{\rm O}\) reaction plays a central role in this problem because it determines the carbon-to-oxygen ratio after core-helium burning and thereby affects the later evolution of massive stars toward pulsational pair instability and pair-instability supernovae. Recent attempts to constrain \(S(300~{\rm keV})\) from gravitational-wave population inferences face important limitations, because the lower edge of the black-hole mass gap is not directly measured. It is inferred model dependently from assumptions about stellar evolution, metallicity, mass loss, rotation, binary evolution, hierarchical mergers, selection effects, priors, and the adopted population model. Therefore, values of \(S(300~{\rm keV})\) inferred from black-hole populations must remain consistent with independent nuclear-physics constraints. In this work we reanalyze the low-energy \(^{12}{\rm C}(\alpha,\gamma)^{16}{\rm O}\) \(S\) factor using updated information on the subthreshold \(1^{-}\) and \(2^{+}\) ANCs and on the ground-state ANC of \(^{16}{\rm O}\), together with direct capture data. These constraints favor a lower \(S(300~{\rm keV})\) than the older central evaluation and disfavor very large values required by some black-hole-population interpretations. Using the resulting ANC-constrained \(S(300~{\rm keV})\) range and the transformed relation between this quantity and the lower edge of the pair-instability mass gap, we estimate \[ \frac{M_{\rm BH}}{M_\odot}\simeq 61\text{--}75 . \] Thus, the present nuclear-physics constraints favor a relatively high lower edge of the first-generation black-hole mass gap.
La réaction du carbone avec l'hélium est si lente que la moindre accélération priverait l'Univers de la vie carbonée.