Deux particules se comportent comme une paire de dés insolites : lancées aux deux extrémités de l'Univers, elles retombent toujours sur le même résultat. Le physicien John Bell a calculé que si les dés obéissaient à des règles cachées, la fréquence des coïncidences aurait une limite stricte. Les expériences d'Alain Aspect, qui confirment le modèle standard, ont franchi cette limite — preuve que la connexion entre particules, plus rapide que la vitesse de la lumière, ne rentre pas dans le cadre habituel. Trois scientifiques cherchent une explication. Le premier : il n'y a pas de règles, seul règne le hasard fondamental — comme l'entropie engendre inexorablement le désordre. Le deuxième : l'observateur est toujours limité et ne voit pas le tableau complet. Le troisième : ajoutons des dimensions supplémentaires, et les contraintes disparaissent. La conclusion la plus surprenante vient de Bell lui-même : ce qu'il faut abandonner, ce n'est pas la non-localité (la connexion instantanée), mais le réalisme — la croyance que les particules possèdent des propriétés prédéfinies. Cela bouleverse notre conception de la réalité.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.13154
Bell's theorem states that no description of a Bell experiment can be simultaneously local, realistic in the sense of counterfactual definiteness, and free of conspiracy between settings and hidden state. The recent generation of experiments has confirmed the predicted violation of the CHSH inequality, so one of the assumptions must be abandoned. Which one, and how one reconstructs a coherent worldview after doing so, is a question on which many authors disagree. This paper is written by three such authors. All three reject both counterfactual definiteness and conspiratorial violation of statistical independence of setting choices and state. After a joint exposition of the classical half of Bell's theorem in the language of Pearl-style causal graphs, a joint summary of the loophole-free experiments, and a joint survey of the recent literature, each author states where they have presently arrived. Gill accepts irreducible and non-local quantum randomness and finds the choice between locality and realism a false dichotomy. In his later works, Bell derives counterfactual definiteness from classical local causality, and that is what has to go. The metaphysical concepts "realism", "locality", "causality" need to be reconsidered. Helland reconstructs the Hilbert-space formalism from a theory of accessible variables, and from this theory he concludes that every observer must be limited in a specific sense. Jongejan proposes a geometric hidden-variable construction in which the degree of violation of the CHSH inequality depends on the number of dimensions of space, Tsirelson's bound corresponding to three dimensions. The authors conclude with a discussion.
La force des corrélations quantiques dans notre espace tridimensionnel est limitée (limite de Tsirelson). Dans des mondes avec un autre nombre de dimensions, les corrélations pourraient être bien plus fortes.
La connexion instantanée entre particules est l'analogue physique de l'ansible de la science-fiction, ce dispositif de communication à toute distance décrit dans les romans d'Ursula Le Guin.