Le son se propage dans un milieu à une vitesse donnée. Si le milieu se déplace plus vite, le son est entraîné par le flux — comme un brindille aspirée dans un tourbillon. Dans l'hélium superfluide — un liquide sans frottement — une rotation rapide engendre des tourbillons. À l'intérieur de ceux-ci apparaît un trou noir acoustique : une région d'où le son ne revient pas.
Les chercheurs ont ajouté une rotation uniforme et calculé les fréquences de résonance — les notes auxquelles le tourbillon « chante ». Grâce à l'analyse des oscillations, ils ont observé des motifs d'ondes stables dans la courbure de l'espace-temps du tourbillon.
Ces calculs aident à expliquer les expériences sur l'hélium superfluide et à tester l'hypothèse de Hawking sur le rayonnement des trous noirs, sans quitter la Terre. Étonnamment, le cœur de chaque tourbillon est un fil quantique de l'épaisseur d'un atome : un piège microscopique imitant l'abîme cosmique.
L'hélium superfluide, refroidi presque au zéro absolu, peut circuler indéfiniment dans un anneau fermé sans s'arrêter — c'est le liquide parfait sans frottement.
Dans « Interstellar », le trou noir Gargantua tord la lumière ; le tourbillon de laboratoire tord le son.