Une corde fondamentale, pincée au moment du Big Bang, ne se contente pas de bourdonner sur une seule note : des vagues courent le long d'elle, et de temps en temps, de minuscules boucles se détachent. Ces boucles, comme des diapasons, se mettent à vibrer à leur fréquence propre, produisant un son très aigu. À l'échelle de l'univers, le « son » est une ondulation du tissu de l'espace-temps, que l'on appelle ondes gravitationnelles.
Pendant longtemps, on a pensé qu'il était presque impossible d'entendre ce tintement aigu : dans l'univers primordial, il faisait trop « chaud » et trop visqueux, et les boucles perdaient rapidement de l'énergie, sans avoir le temps de bien sonner. Mais les auteurs de ces nouveaux travaux ont montré que même dans ces conditions, les boucles laissent une trace notable. Ils ont dérivé des formules simples qui permettent de calculer rapidement cette trace pour une large gamme de propriétés des cordes elles-mêmes. Il s'avère que le pic caractéristique aux hautes fréquences — comme une brusque montée sur l'écran d'un spectromètre — devrait être discernable dans de nombreux scénarios, et non seulement dans de rares exceptions.
Cette découverte est importante pour les futures expériences. Si le pic à haute fréquence existe, il pourra être capté par les nouveaux détecteurs actuellement en projet. Un tel signal serait la preuve directe que, dans les tout premiers instants de la vie de l'univers, l'espace n'était pas lisse, mais parcouru de fines « rides ». Et alors, nous pourrions entendre la naissance même du cosmos.
Une corde cosmique de l'épaisseur d'un proton pèserait autant qu'une chaîne de montagnes, si elle mesurait un kilomètre de long.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke, « Les Fontaines du paradis », des ingénieurs utilisent une corde cosmique comme base pour un ascenseur spatial.