Un tireur enchaîne les tirs. Le point d'impact moyen reste le même, mais la dispersion des impacts varie selon l'ampleur du tremblement de ses mains. Dans le monde des processus aléatoires, le tremblement, ce sont les fluctuations, et le calmant, c'est la dissipation, autrement dit la dispersion de l'énergie.
Les chercheurs ont étudié un système où l'avenir ne dépend du présent qu'avec une certaine probabilité. Pour chaque paire d'états, on peut calculer à quel point l'un permet de prédire l'autre. Résultat : la prévisibilité moyenne ne dépend pas de la thermodynamique, elle est déterminée uniquement par la distribution stationnaire et le bruit. En revanche, la dispersion de la prévisibilité obéit à une règle simple.
Dans les systèmes linéaires, ces deux contributions se compensent, si bien que l'énergie ne peut pas influer sur la dispersion. Seules les forces non linéaires permettent à la dissipation de supprimer les fluctuations. C'est comme si le calmant ne déplaçait pas le point d'impact moyen, mais se contentait de réduire le tremblement des mains.
Dans les systèmes linéaires, la dissipation et l'activité dynamique se compensent toujours, si bien que les fluctuations de la prévisibilité ne dépendent pas du caractère hors d'équilibre. Seules les forces non linéaires permettent à l'énergie d'influer sur la fiabilité de la transmission d'information.