Le 1er avril 2026, au-dessus de l'Atlantique Sud, des satellites ont repéré une traînée lumineuse — l'astéroïde Polar-IM qui entrait dans l'atmosphère. L'analyse de sa trajectoire a montré qu'il venait d'autres systèmes stellaires.
Les corps du système solaire sont retenus par l'attraction du soleil. Pour s'en libérer et s'échapper dans l'espace interstellaire, il faut dépasser un certain seuil de vitesse — comme une pierre lancée vers le haut doit atteindre la vitesse de libération pour quitter la Terre. Polar-IM a dépassé ce seuil de 9,6 km/s. Même en tenant compte de toutes les incertitudes de photométrie, sa vitesse de 51,73 km/s (0,017 % de la vitesse de la lumière) ne lui laissait qu'une seule issue : s'échapper de notre système.
Les objets interstellaires sont des débris de comètes ou des fragments de systèmes exoplanétaires, transportant de la poussière cosmique des régions lointaines de la galaxie. Leur étude est une chance de découvrir la chimie d'autres mondes sans missions coûteuses. Peut-être qu'un jour, des fragments de ces roches tombées dans l'océan nous révéleront la composition de planètes lointaines.
À sa vitesse, Polar-IM aurait pu traverser les États-Unis continentaux en seulement une minute et demie.
Cette histoire rappelle le roman « Rendez-vous avec Rama » d'Arthur C. Clarke, où des humains rencontrent un mystérieux objet interstellaire.