Les taches de rousseur stellaires en rayons X express

Original: "KRONOS II: Solar-like Umbra and Penumbra Properties on the Young Sun V1298~Tau"
arXiv:2606.16782 · 2026-06-15 · CC BY 4.0 · 2 min
En passant devant leur étoile, les planètes éclairent les taches sombres de sa surface.

Une planète glisse devant le disque de son étoile — et devient un instant une lampe de poche. Elle masque une minuscule portion de la surface, révélant des détails qui, autrement, échappent au regard. C'est ainsi que des astronomes ont plongé au cœur des taches sombres de l'étoile V1298 Tauri, un jeune jumeau de notre Soleil. Ils ont été aidés par le télescope spatial James Webb et par trois planètes géantes en orbite.

Les taches stellaires ne sont pas de simples points. Comme sur le Soleil, elles possèdent une ombre (l'umbra) et une pénombre (la penumbra). Les scientifiques ont saisi 14 moments où une planète occultait une telle tache et ont enregistré le spectre — décomposant la lumière en couleurs. En observant comment la luminosité variait à différentes longueurs d'onde (de 0.8 à 2.8 micromètres), ils ont calculé la température de l'ombre et de la pénombre. L'ombre s'est révélée plus froide de mille cinq cents degrés que la photosphère de l'étoile, et la pénombre de quelques centaines de degrés. Cela reproduit exactement le schéma des taches solaires.

Une tache solaire ne paraît noire que par contraste avec la surface incandescente. Si on pouvait l'extraire et la suspendre dans le ciel, elle brillerait plus fort que la pleine Lune.

Les taches de V1298 Tauri couvrent environ 30% de la surface de l'ombre, et le rapport ombre/pénombre est le même que sur le Soleil. C'est surprenant, car l'étoile n'a que 20 à 30 millions d'années, alors que le Soleil en a 4,5 milliards. Il s'avère que la structure des taches — ombre et pénombre — ne change pas avec l'âge. Seul leur nombre total change : sur une jeune étoile, les régions actives sont plus nombreuses et plus grandes.

Grâce à des télescopes au sol, les scientifiques ont trouvé cinq autres grandes taches que les planètes n'ont pas traversées. C'est comme une carte météo : certains cyclones sont visibles depuis un satellite, d'autres ne se devinent que par des indices indirects.

Cette méthode — la spectroscopie de transit des taches — ouvre une nouvelle fenêtre sur la physique stellaire. Auparavant, on jugeait des taches par l'éclat global de l'étoile ; désormais, on peut en discerner la structure interne. C'est important non seulement pour comprendre l'évolution stellaire, mais aussi pour la recherche d'autres mondes : l'activité de l'étoile peut masquer ou imiter les signes de planètes.

La température dans l'ombre d'une tache solaire est d'environ 3700°C. C'est 1800 degrés de moins que la photosphère environnante, mais c'est encore assez chaud pour faire fondre le tungstène.

Dans le roman « Rendez-vous avec Rama » d'Arthur C. Clarke, les héros observent le passage de Mercure devant le disque du Soleil — une scène qui rappelle le transit qui a permis aux scientifiques d'étudier les taches d'une autre étoile.

Scientifiques
Isaac NewtonJohn MichellRobert HookeChristian DopplerD. B. McLaughlinDidier Queloz
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