Selon Einstein, un moteur de distorsion est une bulle de courbure de l'espace-temps. À l'intérieur de cette bulle, le vaisseau flotte sans subir d'accélération, tandis que la coque éjecte un flux de rayonnement — de la lumière ordinaire ou des ondes gravitationnelles — à la vitesse de la lumière. Cet échappement pousse le moteur vers l'avant ou sur le côté, un peu comme une barque dont on jette des pierres. On pensait autrefois qu'il était impossible de manœuvrer sans matière exotique à énergie négative. Désormais, c'est clair : un rayonnement ordinaire suffit. La contrepartie, c'est une perte de masse énorme : pour effectuer un virage serré à une vitesse proche de celle de la lumière, il faudra brûler près de la moitié du vaisseau. Le moteur de distorsion reste plus lent que la lumière, mais il est tout à fait réel. La grande découverte, c'est que le pilotage d'un vaisseau spatial ne dépend pas d'une matière mythique, mais d'une facture énergétique astronomique.
Pour un virage serré à une vitesse proche de celle de la lumière, le vaisseau doit éjecter près de la moitié de sa masse — un peu comme une voiture qui, à un carrefour, se débarrasserait de son moteur, de ses roues et de sa carrosserie pour changer de direction.
Dans « Star Trek », les capitaines ne pensaient pas au carburant ; la nouvelle étude prouve que même sans substances fantastiques, les voyages sont possibles — mais le budget énergétique, lui, partirait dans l'espace.