Dans un stade, les spectateurs font la vague : ils se lèvent et s'assoient, et la vague court le long des rangées. Dans le cristal supraconducteur Au₆Te₁₂Se₈, les scientifiques ont observé quelque chose de similaire — mais ici, les atomes se déplacent latéralement, comme si chaque spectateur faisait un pas de côté. Le déplacement est record : 4 angströms, presque un demi-nanomètre. Habituellement, ces ondes de charge disparaissent lorsque l'échantillon est aminci. Ici, c'est tout le contraire : dans une plaquette d'un micron d'épaisseur, l'onde s'amplifiait et apparaissait à une température de 20 degrés plus élevée — jusqu'à −163°C. Dans un échantillon épais, elle était totalement absente.
Grâce à la spectroscopie (transmission) et aux simulations numériques, il a été confirmé que l'onde est transversale, et qu'elle est « poussée » par les vibrations thermiques du réseau. Des mesures précises ont révélé comment la conductivité thermique change lors de la transition. L'onde de charge entrave la supraconductivité, et l'on observe ici un état quantique complexe où les ondes se superposent et où se produit une perte de cohérence. Le plus surprenant : le déplacement géant des atomes a été observé directement, sans traitement complexe — comme si l'on voyait à l'œil nu des ondulations à la surface de l'eau, habituellement visibles seulement au microscope. Cette découverte, qui puise ses racines dans les travaux de John Bardeen et Lev Landau, rapproche la création de matériaux capables de basculer entre un état normal et un état supraconducteur.
Le déplacement géant des atomes de 4 angströms a pu être observé directement — sans traitement complexe, comme si l'on voyait à l'œil nu des ondulations à la surface de l'eau, habituellement visibles seulement au microscope.